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Participation, engagement et bénévolat dans les musées

Vendredi, 06.12.2013

Le concours potentiel des bénévoles et leur engagement dans le domaine culturel fait actuellement l’objet d’un large débat. Les uns craignent une mise à l'écart des professionnels, les autres exigent de nouvelles pistes et toute liberté d'action pour les bénévoles. Il est un fait que dans la tranche d'âge des plus de 65 ans, les personnes s'engageant pour la culture sont fort nombreuses. Elles le font avec beaucoup d'enthousiasme, de passion et de temps libre, mais aussi de manière personnelle et hautement responsable. Cette situation requiert de nouvelles formes d'engagement bénévole qui permettent notamment aux aînés de se lancer eux-mêmes dans une activité artistique, d'approcher du nouveau et de le partager avec les jeunes.

 

Johanna Bossert, 64 ans, s'exprime sur le site de Benevol Aargau sur ses activités au bénéfice du Museum Aargau en Argovie. Elle y décrit combien elle apprécie ses rencontres et ses échanges sur des sujets culturels et historiques. Elle précise que depuis qu'elle s'engage sur une base bénévole pour le Museum Aargau, elle se passionne pour le Moyen Âge. Elle apprécie beaucoup que le Musée prenne également son avis lorsqu'il s'agit de nouveaux projets. Toutefois, elle s'interroge aussi sur d'autres options de mettre à profit le savoir-faire des bénévoles.

 

Eva Roth-Kleiner, cheffe du programme bénévole du Museum Aargau: 

«Nous avons fait l'expérience que pour les bénévoles, aussi bien que pour le Musée lui-même, les missions sur mesure sont les plus efficaces et les plus utiles. Bien sûr, cela engendre du travail des deux côtés, et une communication ouverte est indispensable en ce qui concerne les attentes, les besoins et les possibilités. Le bénévolat dans le cadre d'un musée n'est ni un programme d'occupation ni une mise en scène personnelle; il doit être utile pour le Musée et faire sens pour les bénévoles. Pour nous, le savoir-faire ne se limite pas à des compétences professionnelles, mais nous recherchons également l'expérience du bénévolat, des relations interpersonnelles et des activités de loisirs.

Zwei Generationen staunen übers Wollflechten, das die kostümierte Museumsfreiwillige
Photo: Deux générations s'étonnent d'une même technique de tissage

 

Cheffe de tous les bénévoles œuvrant pour le Museum Aargau, tu travailles avec un groupe intergénérationnel. Quel est ton plus important défi? 

«Pour moi, cette coopération entre les générations est davantage un enrichissement qu'une difficulté. Tant au sein de l'équipe qu'envers le public, les contacts sont intéressants et l'échange se base sur des expériences personnelles. Tout d'un coup, l'Histoire n'est plus une science abstraite, mais elle s'inscrit dans le cadre d'une vie humaine, c’est un trésor caché. Bien sûr, nous constatons aussi qu'au sein de cette équipe réunissant des personnes âgées de 22 à 79 ans, le maniement des outils informatiques et des médias diverge considérablement. Mais jusqu'ici, ce n'a jamais été un problème insurmontable. Nous proposons une formation personnalisée à tous nos bénévoles. Ainsi, grâce à nos projets et notamment le théâtre, des liens amicaux se créent entre les bénévoles, au-delà des générations. Pour notre projet intégratif (avec des migrants), nous constituons des tandems: des bénévoles plus âgés, expérimentés, encadrent les nouveaux, partageant souvent avec beaucoup de générosité leur savoir et leurs expériences.»

 

As-tu détecté une tendance vers de nouvelles formes de coopération avec les bénévoles dans les musées? 

«J'ai surtout observé que les bénévoles préfèrent les missions liées à des projets précis, limitées dans le temps et également sur le plan thématique. Pour moi, il est important que les bénévoles ne soient pas seulement des «exécutants», mais qu'ils aient la possibilité d’apporter leurs idées et propositions d'amélioration, qu'ils puissent exprimer leur vision extérieure sur le musée et que, basés sur leurs propres connaissances professionnelles, ils puissent contribuer au projet d’ensemble. L'avenir appartient à ce type de projets participatifs, c'est ces derniers qui combleront nos besoins d'apprendre tout au long de notre vie, d'entretenir des contacts stimulants et de vivre ensemble dans l'intérêt commun.»

 

 

Et selon vous-mêmes, quelles sont les conditions requises pour un engagement dans le domaine culturel?

 

Liens intéressants relatifs au même thème:

Revue suisse des musées: Revue Museums.ch

KUBIA, Kompetenzzentrum für Kultur und Bildung im Alter (Allemagne)

 

Une entrée publiée par Gaby Ruppanner

 

 

 

 

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