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La vie sociale durant la crise du Covid-19: des idées pour créer et conserver des contacts sociaux

Lundi, 06.04.2020
Sozialleben in der Corona-Krise: Ideen für soziale Kontakte 

Avoir une vie sociale en dépit de la distance sociale: Comment entretenir des contacts sociaux alors que le coronavirus sévit? 

Les temps sont durs! Pour de nombreuses personnes, c’est un réel défi! Nous devons nous montrer solidaires, rester chez nous et renoncer à nos échanges sociaux. L’objectif est de ralentir la propagation du coronavirus afin de ne pas surcharger le système sanitaire. Mais comment préserver ses contacts sociaux? Comment ne pas abandonner les contacts sociaux entre générations? Comment lutter contre la solitude et l’isolation sociale? Nous avons recueilli des idées et vous les présentons ci-dessous. 

La vie sociale n’est plus ce qu’elle était

«Cette crise nous sollicite tous. Une réaction forte s’impose dans tout le pays pour parvenir à la surmonter.» La déclaration de la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a été simple le 16 mars, lorsqu’en raison du coronavirus, le Conseil fédéral a décrété l’état de situation extraordinaire. Les interdictions et autres mesures de restriction ont déjà porté une large atteinte à la vie sociale. Ainsi, il est vivement déconseillé de réunir les petits-enfants et leurs grands-parents, puisque les personnes âgées sont par définition un groupe à risque.

Cette situation est difficile à vivre pour les jeunes et les moins jeunes. Les contacts sociaux manquent à toutes les générations. Dans le même temps, une vague de solidarité impressionnante a déferlé sur la Suisse. Intergeneration a recueilli des informations sur la solidarité vécue en ces temps de confinement. Nous présentons ci-dessous des offres d’aide proposées aux personnes qui en ont besoin. Elles sont proposées par d’autres personnes qui, elles, souhaitent porter assistance. 

Le manque de contacts sociaux peut conduire à un sentiment de grande solitude

La «distance sociale» est le mot d’ordre des temps actuels. Mais le terme de «distance sociale» est problématique et trompeur. Il ne nous est pas demandé d’être socialement distants; nous devons respecter une certaine distance physique et spatiale. Il est important de rester à la maison si c’est possible, surtout pour les personnes présentant certaines maladies préexistantes et pour les personnes âgées de plus de 65 ans, et une distance minimale de deux mètres s’impose aux rencontres physiques des personnes. Pour beaucoup de gens, cependant, cette distance physique signifie automatiquement moins de contacts sociaux, moins de proximité et donc aussi une véritable distance sociale. Or, l’isolation génère de la solitude. La situation actuelle est particulièrement difficile à gérer pour les personnes âgées, qui sont plus exposées au risque de solitude en raison de leurs conditions de vie. Ainsi, elles doivent maintenant se passer de la petite conversation au supermarché, puisqu’elles ne doivent plus elles-mêmes y faire leurs courses. S’il est important que des gestes de solidarité soient offerts par d’innombrables bénévoles, notamment pour les achats, il est tout aussi important que ce soutien soit accepté par les personnes à risque

 

Les maisons de retraite et de soins ont dû interdire les visites. Les contacts sociaux directs des résidents avec le monde extérieur ne sont donc plus possibles. Mais les personnes âgées ne sont pas seules à souffrir de la solitude. Les personnes vivant seules peuvent également être très touchées. Beaucoup d’entre elles ne peuvent plus travailler ou sont obligées de faire du télétravail depuis chez elles. En conséquence, outre les contacts au sein du cercle d’amis et de la famille, les échanges sociaux quotidiens dans l’environnement professionnel leur manquent. 

 

Dans cette situation exceptionnelle, qui risque de durer encore, nous souhaitons encourager toutes les générations à maintenir des contacts sociaux en recourant à l’imagination et à l’innovation. En période de distance sociale imposée par la pandémie, la «proximité sociale» doit être réinterprétée. Il s’agit d’essayer courageusement de nouvelles voies. Nous avons réuni des idées et des suggestions sur la manière dont la vie sociale peut se poursuivre malgré le coronavirus, et sur la manière dont les contacts sociaux entre les générations peuvent être préservés en dépit de la pandémie.

Idées et suggestions pour maintenir une vie sociale 

Comment réussir à préserver des contacts sociaux et une proximité sociale

Contact social quotidien grâce au numérique: dîner ensemble grâce au tchat vidéo

Pour beaucoup de personnes, manger ensemble fait partie de la vie sociale traditionnelle. Il n’est pas nécessaire de s’en passer! Le «Skype Dinner» est une idée qui nous a été soumise à plusieurs reprises et qui permet bien de revitaliser les relations intergénérationnelles. Bien sûr, le «Skype Dinner» présuppose que les convives d’âges différents aient tous des affinités numériques. On cuisine individuellement (ou ensemble par tchat vidéo) et on se retrouve ensuite en ligne (par exemple sur Skype, Zoom, etc.) pour partager virtuellement son repas. Un utilisateur a déjà fait ses premières expériences et il a trouvé le résultat étonnamment positif: «C’était très amusant pour tout le monde! Un petit conseil toutefois: la difficulté réside dans le bon timing. Il est préférable de choisir un plat simple, un ragoût ou quelque chose de similaire. Les plats «à la minute» sont à proscrire. Il s’agit d’être bien à l’heure pour le dîner sur Skype. Il faut à tout prix éviter de faire attendre les autres avec leurs plats chauds.» Bon appétit!

Des contacts sociaux à l’ancienne: écrire des lettres et envoyer des cartes postales

Une solution très simple: écrivez des lettres ou des cartes postales aux personnes que vous connaissez. On peut par exemple utiliser l’application gratuite de la Poste suisse pour photographier les petites joies de la vie quotidienne et en envoyer une impression à d’autres personnes. Il est d’ailleurs possible d’acheter des timbres par SMS. On reçoit alors un numéro, également par SMS, que l’on inscrit sur la carte. Inutile de sortir et de se rendre au bureau de poste! 

En cette période difficile où des pans entiers de notre vie quotidienne se trouvent relégués à l’espace virtuel, nos semblables sont particulièrement touchés par des messages personnels, des créations inventives et attentionnées qui parviennent très concrètement dans leur boîte aux lettres. Avec une lettre ou une carte écrite à la main, nous pouvons faire plaisir à celles et à ceux qu’il est actuellement interdit de voir. De cette manière, nous pouvons nous approcher les uns des autres. Et si vous avez envie d’envoyer des lettres au-delà de votre environnement personnel, nous attirons votre attention sur les actions formidables suivantes:  

  • «Schenk einen Brief» repose sur une initiative personnelle. Thomas et Bettina ont lancé un appel général: écrivez des lettres, nous les distribuerons dans les établissements de soins de la région de Zurich.
  • «Bisch nit allei!» est une action de l’EMS Gritt, qui demande à la population d’écrire des lettres à ses résidents afin qu’il leur soit possible de conserver un contact avec le monde extérieur.   

Téléphoner. Passer des coups de fil sans modération

Sur les smartphones, téléphoner n’est plus qu’une fonction entre beaucoup d’autres. Toutefois, à l’heure actuelle, téléphoner redevient important. Réseau fixe ou mobile, avec ou sans vidéo – téléphoner aide à préserver ses contacts sociaux et à échanger avec ses semblables. Une utilisatrice nous a confirmé que grâce au téléphone, la vie continue. Selon elle, tout est possible: la pause-café, le dîner à plusieurs et les jeux de société. Elle suggère de téléphoner également à des personnes que l’on n’a plus vues ou entendues depuis longtemps, puisqu’il est possible qu’elles soient particulièrement concernées par la pandémie et se sentent abandonnées. En outre, on peut par téléphone faire la connaissance de personnes inconnues ou on peut inciter ses connaissances à entrer en contact avec les gens de leur propre entourage. Nous vous rappelons ci-dessous des offres qui vont dans ce sens: 

  • Vous souvenez-vous de la chaîne téléphonique de votre jeunesse? Pourquoi ne pas en créer une? «Pro Senectute» propose son aide pour organiser une chaîne téléphonique. Participez! Echanger avec ses semblables, fait du bien en ces temps difficiles. 

  • Les contacts sociaux habituels font défaut. Finie, la petite conversation au coin du magasin lorsque nous faisons nos courses... Parfois, il nous faut quelqu’un à qui parler: «Binenand» peut vous faire entrer en contact avec quelqu’un pour une conversation spontanée. «Pas de vidéos, pas de profils photographiques – seulement vous et la voix de l’autre.»  

  • La vie sociale s’est arrêtée. Les personnes qui en raison du confinement se sentent isolées et souhaitent en parler à quelqu’un, peuvent contacter «La Main Tendue» (tchat, téléphone ou e-mail).  

  • Les contacts sociaux nous manquent, à nous tous. «147.ch» offre son soutien surtout à des jeunes, lorsqu’ils ont de petits ou de grands soucis, des problèmes ou des questions. Les conseils que «Pro Juventute» propose aux enfants et aux adolescents sont confidentiels et gratuits.

Opéras, pièces de théâtre et concerts

Sascha K. a constaté dans son entourage que la recherche de contenus sur Internet n’est pas facile pour tout le monde. Ainsi, la formidable offre culturelle, souvent gratuite, dont une multitude de retransmissions, n’est pas accessible pour des personnes qui ne sont pas habituées à se déplacer sur le web. Pourquoi ne pas procéder à une sélection des produits accessibles par streaming et la proposer par e-mail ou SMS aux grands-parents ou à d’autres personnes âgées qui n’ont que des connaissances basiques d’Internet? Il serait sans doute utile d’avoir une idée approximative des préférences personnelles des destinataires. De ce fait, cette idée est surtout exploitable par des groupes de personnes qui se connaissent plus ou moins. Sascha K. confirme néanmoins avoir fait des expériences concluantes, étant donné que les seniors de son entourage sont numériquement actifs et connaissent assez bien le monde virtuel, en dehors des médias sociaux qu’ils n’utilisent pas ou que très peu. Et c’est là le problème, car la plupart des contenus partagés gratuitement en raison de la crise proviennent des réseaux sociaux. Le conseil de Sascha: «Afin d’éviter de submerger les aînés que vous souhaitez aider, sélectionnez d’abord un ou deux liens et transmettez-les par une voie numérique simple. Cela peut créer une proximité sociale, produire de la joie et, qui sait, jeter les bases d’un échange ultérieur sur un événement culturel partagé.»

Envoyer un calendrier de table

Si vous avez envie de prouver votre créativité et de laisser vos parents et d’autres proches suivre l’évolution de vos enfants, vous pouvez procéder comme Sarah S. Elle fait un calendrier de table pour les grands-parents avec des photos récentes de la famille. Les grands-parents pourront alors regarder une nouvelle photo chaque jour et avoir ainsi leurs petits-enfants un peu avec eux. Elle s’inspire du modèle d’un calendrier de l’Avent pour en faire un calendrier «Covid-19». 

Les jeunes réalisent les recettes des aînés

Les aînés divulguent leurs meilleures recettes aux jeunes. Ceux-ci les préparent et, ce faisant, arrivent à en inventer des variantes. Certains chefs d’œuvre culinaires peuvent même être expédiés par la poste, de manière à faire bénéficier les aînés des résultats et de leur permettre de les goûter. A condition de respecter les mesures de sécurité et les règles de distance, il est même possible d’apporter personnellement certaines créations à leurs destinataires. Bien sûr, la voie numérique existe aussi: on peut transmettre des photos, accompagnées d’un petit rapport, sur la base duquel un échange fructueux pourra même s’établir en vue d’autres recettes à réaliser. 

Le tricot pour faire plaisir aux autres – et aussi à soi-même

Julia M. a écrit à Intergeneration qu’elle faisait du tricot pour faire de petits cadeaux à son entourage. Cela lui permettait de garder des contacts sociaux d’un genre particulier. Mais Julia M. ne tricote pas seulement pour le plaisir des autres. Elle nous a dit que le fait de tricoter l’aidait beaucoup en ces temps difficiles, parce qu’elle pouvait ainsi créer quelque chose. Pour elle, cela avait un effet rassurant. YouTube permet de visualiser de nombreuses explications de tricot, même pour les débutants. Si vous n’avez chez vous ni laine ni aiguilles, essayez de contacter un magasin spécialisé pas trop loin de votre domicile. Il y en a qui livre actuellement du matériel à domicile. Julia M. a essayé et a été surprise de voir que c’était simple et efficace. 

Le dessin crée des liens

Un bloc de papier, un crayon... Il ne faut guère plus pour faire plaisir. Une utilisatrice a écrit à Intergeneration: «Les enfants créent des dessins que nous joignons à notre courrier du dimanche pour les seniors. Les enfants qui le désirent, inscrivent leurs nom et adresse au dos du dessin. Cela permet de nouer de nouveaux contacts entre les enfants et les seniors.» Et si c’était le début de nouveaux contacts intergénérationnels suivis?  

Ce serait une grande joie que de voir confirmer plus tard des contacts noués durant la pandémie et de savoir que des personnes qui ont fait connaissance de cette manière continuent d’entretenir ces liens. 

Du temps partagé: jeux de société sur Skype, par téléphone ou par la poste

Les jeux de société font partie de la vie sociale courante et, en temps normal, vous jouez généralement avec vos amis et votre famille. Beaucoup de personnes ont fait savoir à Intergeneration qu’elles jouaient à des jeux par le biais de canaux numériques. C’est possible pour des jeux très populaires et assez simples, mais on peut aussi jouer aux échecs par téléphone ou par Skype. Sandra H. nous a écrit: «Nous avons envoyé par courrier des cartes de bingo à nos parents. Plus tard, nous avons organisé une soirée bingo par téléphone ou, mieux encore, par Skype.» Elle a ajouté qu’il était envisageable de mettre de petits prix en jeu (par exemple une tablette de chocolat) et de l’envoyer par courrier au gagnant.

Petites tâches par message vocal

Les temps sont particulièrement difficiles actuellement pour les grands-parents, auxquels le contact habituel avec leurs petits-enfants est interdit en raison du coronavirus. Une grand-mère nous a écrit qu’elle envoyait chaque jour à ses petits-enfants un message via WhatsApp et qu’elle accompagnait ce message de petites tâches à exécuter. Par exemple, elle fait apprendre à ses petits-enfants une nouvelle chanson, elle leur demande de peindre un tableau ou de fabriquer un cadran solaire. Chaque matin, les petits-enfants attendent désormais avec curiosité de connaître leur nouvelle tâche de la journée.

Un «Corona-Challenge» pour raviver les contacts sociaux existants

Un utilisateur nous a écrit: «Nous avons lancé un «Corona-Challenge». Dans un groupe créé sur WhatsApp (avec nos contacts sociaux existants), chacun à son tour fixe une tâche que les autres doivent accomplir et qu’il documente, par exemple, par une photo ou une vidéo. Parmi les tâches possibles, on peut raconter une histoire aux enfants, se déguiser en un personnage célèbre, répéter ou interpréter un morceau de musique, inventer un poème, etc. De cette façon, le contact social est maintenu même en ces temps de confinement, et le partage des tâches créatives procure du plaisir à tout le groupe. Il est passionnant de voir comment les autres mettent en œuvre les tâches qui leur ont été fixées. 

Une aide organisée, des projets solidaires et des activités passionnantes

Intergeneration a dressé un récapitulatif des offres. Il est destiné, d’une part, aux personnes ayant besoin d’aide et, d’autre part, à celles désireuses d’aider.
Ce récapitulatif comprend des offres et des projets permettant de poursuivre ou d’initier des contacts sociaux d’une nouvelle manière, et de créer ainsi une proximité sociale entre les générations permettant de lutter contre la solitude et l’isolement des aînés:

https://www.intergeneration.ch/fr/blog/la-solidarite-au-temps-du-coronavirus

 

Intergeneration tient à remercier tous les contributeurs qui nous ont fait part de leurs idées. Ils nous ont aidés à dresser cette liste, variée et riche, afin de partager une vie sociale même en cette période de confinement. 

 

Avez-vous d’autres suggestions pour maintenir les contacts sociaux pendant cette crise?
Alors n’hésitez pas à nous envoyer vos idées ou à nous écrire un commentaire ici même. Nous serons heureux de compléter cette liste par d’autres contributions.   

 

Monika Blau et Ruedi Schneider, Intergeneration

Photo: iStock.com

Commentaire

Portrait de Juillerat Van der Linden, Anne-Claude - Association VIVA

Bonjour,

Bonjour, Pendant cette période, j'ai demandé à mes étudiant.e.s de Master de psychologie à l'université de Genève d'écrire une lettre aux aîné.e.s de notre association qui le souhaitaient. Plus de 70 échanges épistolaires sont en cours. Nous étions aussi en train de faire des projets intergénérationnels dans des classes des écoles primaires de Lancy, et les enfants ont tous écrit aux aîné.e.s avec lesquel.le.s ils faisaient les projets. 4 classes de 8P Harmos ont écrit des lettres avant Pâques qui ont été distribuées aux résidents d'immeubles avec encadrement pour personnes âgées - là-aussi, des échanges de courriers sont en cours. Et des enfants de 4P ont fait des dessins, aussi pour Pâques, qui ont été distribués aux résidents de deux EMS de la ville de Lancy. Des projets de tricot (où des aîné.e.s viennent en classe pour apprendre aux enfants à tricoter en vue de la réalisation d'un projet commun, par exemple recouvrir les arbres de la cour de l'école pour une fête, ou du mobilier urbain de l'école) devaient avoir lieu ce trimestre, mais ils sont reportés; en attendant, des aîné.e.s ont déjà commencé à confectionner des carrés tricotés qui seront intégrés à l'oeuvre commune à l'automne. Merci de votre site et des idées mises en avant, cela stimule la créativité ! Cordialement, Anne-Claude Juillerat Van der Linden Présidente de l'association VIVA -Valoriser et intégrer pour vieillir autrement
de Juillerat Van d...
Vendredi, 24.04.2020
Portrait de Kaiser Andrea

Guten Abend

Guten Abend Gemeinsam mit den Teilnehmenden meiner verschiedenen Kurse zur geistigen Fitness schreiben wir fortlaufende Kettengeschichten. Hierzu beginnt eine Person mit dem ersten Teil einer Geschichte und 5 Begriffen, die sie zuvor erhalten hat und in ihren Geschichtenteil integrieren muss. Danach schickt sie die Geschichte mit 5 neuen Begriffen an die nächste Person und diese schreibt weiter. Damit das Ganze nicht zu lange dauert, haben wir Gruppengrössen von 5 Personen und jede Person nimmt sich max. 2 Tage Zeit zum Schreiben. Es entstehen wunderbare, persönliche und fantasievolle Geschichten. Gleichzeitig bleiben wir in Kontakt miteinander und haben sogar Kontakt zu Menschen, die wir vorher gar nicht kannten.
de Kaiser Andrea
Samedi, 02.05.2020
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